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Mercredi 21 mai 2003
À en juger par les échos, le film Les Invasions barbares a été acueilli en véritable triomphe à Cannes. Quand la presse canadienne anglophone décrit avec autant de ferveur l'accueil d'un film Québécois, c'est signe que ça ne pourrait aller mieux !
N'empêche que dans le contexte international actuel, voir un film nommé Les Invasions barbares et se présentant comme la suite du Déclin de l'empire américain, remporter la palme d'or du plus prestigieux festival de cinéma, le tout en France, serait pour le moins ironique...
Fort heureusement pour nous, il y a bien peu de chance que les chroniqueurs et autres « entertainers » américains voient là un pied de nez au pays de l'oncle Sam. Et Denis Arcand n'a rien d'un Michael Moore. D'ailleurs, il y a bien peu de chances que le film, même s'il gagnait, réussisse à faire une percée sur le territoire de la matrice rechargée. Un film qui dispose d'un budget d'à peine 10 M $ (Can.) ne saurait divertir convenablement même en ayant Mitsou comme tête d'affiche...
Néanmoins, le cinéma québécois se porte bien et conjugué aux productions de nos cousins français, le septième art continue d'évoluer dans un sens qui échappe désormais aux grands studios d'Hollywood. À moins qu'on réussisse à faire la démonstration que l'art peut devenir rentable et payant. Ce qui risque cependant de paver la voie à de nouvelles invasions barbares...
Publié par henri
à 2003-05-21 20:51:19
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Jeudi 20 mars 2003
Dictature : Concentration de tous les pouvoirs. Pouvoir absolu, suprême dans un domaine quelconque.
Le concert des nations vient de céder le pas à un solo où foisonnent les fausses notes. Les américains ont beau prétendre qu'ils ont l'appui de 35 états dans leur guerre contre l'Irak, jamais dans l'histoire moderne un pays dit civilisé n'aura osé défier autant les Nations Unies. À un point tel que c'est la crédibilité de l'organisation qui est aujourd'hui ébranlée tout comme l'équilibre du monde.
Tous s'entendent pour dire que le conflit qui s'amorce aura des conséquences majeures sur l'ensemble de la géopolitique mondiale. Et force est de constater que l'analyse de ces conséquences dans le pays de l'oncle Sam a été déclassée par des objectifs strictement opportunistes. Car la guerre en Irak n'est pas une guerre d'impérialisme ou expansionniste, elle est de l'ordre de l'asservissement stratégique.
Or, l'attitude américaine, maquillée sous d'importantes campagnes de communication, ne laisse plus beaucoup de doute à travers le monde quant aux réelles finalités de ce conflit. Et là réside le danger. La statue de la liberté se retrouve nue et personne n'ose aller la rhabiller. Elle a assisté sans broncher à la castration des États-Unis, deux fois plutôt qu'une. Il y avait là un signal que l'Amérique n'a pas su décoder. Aussi insensé puisse apparaître le terrorisme, il n'est pas un mouvement désintéressé.
Contrairement aux prétentions de Georges W. Bush, la diplomatie n'a pas échouée. Elle a été écartée par les américains et les britanniques, ce qui est fort différent. La question est maintenant de savoir combien de temps les États de la planète toléreront la domination d'une puissance qui jouit d'un pouvoir absolu sur les destinées de l'humanité. Et nul ne peut désormais prévoir d'où viendra la prochaine opposition. Il eut été préférable qu'on s'en tienne à celle diplomatique.
Publié par henri
à 2003-03-20 13:42:32
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| International
Mercredi 26 février 2003
Qu’importe le système présidentiel ou la proportionnelle mixte, les Québécois n’ont que faire de la façon dont ils élisent leurs représentants. Mais si un reality show a le malheur de présenter une façon douteuse d’éliminer des candidats, alors là, c’en est trop. Non ce ne sont pas les États généraux sur la réforme des institutions démocratiques qui ont retenu l’attention de la dernière fin de semaine mais plutôt le gala de dimanche de Star Académie qui a ameuté tout le Québec.
Pas besoin d’introduire aux cousins Français le concept car il est importé directement de chez eux où il a fait un malheur. Ici aussi, la folie opère et si bien qu’on en oublie la guerre imminente en Irak, les rumeurs d’élections et le dossier du bois d’œuvre. Touchons du bois.
Reste que l’exercice du week-end dernier aurait mérité un peu plus de considération. Après tout, c’est pas tous les ans qu’on tient des états généraux sur nos institutions démocratiques. Or, intéresser les Québécois à tout ce qui touche la citoyenneté est devenu un véritable exploit de nos jours. Imaginez alors l'intérêt soulevé par un exercice aussi peu divertissant et présidé par Claude Béland...
Mais Jean-Pierre Charbonneau peut se consoler, les Québécois ont montré qu’ils ont à cœur un système de votation juste et équitable. Il lui suffira de commanditer la prochaine édition de Star Académie et d’y introduire des débats sur le système de votation. Avec une proportionnelle mixte, peut-être que Pascal serait encore là… et Stéphane repartit dans son Normétal d’origine. Que de suspens en perspective … et de démocratie!
Publié par henri
à 2003-02-26 21:45:36
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| Québec
Jeudi 20 février 2003
Le paradoxe de la culture québécoise se résume bien dans cette consécration bien méritée pour Linda Lemay en France. Oui son talent est reconnu au Québec mais on ne se bouscule pas pour assister à ses spectacles comme on le fait pour Lise Dion. La culture populaire québécoise tend hélas vers la facilité et le prêt à mâcher. On n’a longtemps pensé que la langue française – celle qui soi-disant nous distingue – nous empêcherait de sombrer face à l’impérialisme culturel américain, il n’en est rien.
Si nous n’avons toujours pas épousé la langue de Shakespeare, il n’en demeure pas moins que nous avons adopté tout de la forme et de la structure de la culture américaine. Notre industrie du show-business se gargarise de succès de foule comme Les Boys et Elvis Story mais délaisse, en parallèle, tout un univers de création où nous avons longtemps excellé. La culture fast-food risque cependant de nous laisser orphelins. Et ce n’est pas le renouveau annoncé de Radio-Canada qui y changera quelque chose.
Théâtres et musées sont devenus d’obscurs lieux fréquentés par ce qu’on qualifie, à mon grand malheur, d’élite intellectuelle. Il y a heureusement encore quelques professeurs de cégeps pour y traîner des groupes d’étudiants sans quoi la moitié d’entre-eux seraient certainement contraints de fermer leurs portes. Triste constat que celui d’avoir une culture subventionnée. Encore plus dur quand ce même milieu se contente d’exiger de l’être davantage…
Pour être appréciée à sa juste valeur, Linda Lemay a dû traverser l’Atlantique en direction de la Vieille Europe. Elle a pourtant tout d’une Québécoise, en commençant par le prénom, le préféré de ceux qu’elle appelle les colons… Mais lorsque moins de 30 personnes se déplacent pour assister à un spectacle du neveu de Jacques Brel dans une métropole comme Montréal, on n’a pas à se demander longtemps pourquoi Linda est là-bas. Navrant de constater que l’héritage de Jacques Brel intéresse moins les Québécois que celui d’Elvis ou de Frank Sinatara.
Il est vrai que je puisse paraître quelque peu pessimiste mais ma visite au dernier Salon du livre de Montréal a eu tôt-fait de me faire voir nos préférences culturelles. Car il n’y avait pas foule pour causer avec Michel Tremblay ou avec Marie Laberge. Les caméras étaient plutôt braquées sur Nelly Arcand et, la plus longue file observée, c’était celle pour le commandant Piché. Quoique je n’avais pas vu, à ce moment, le sens caché du titre de son ouvrage : Aux commandes du destin…
Publié par henri
à 2003-02-20 21:35:02
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| Culture
Lundi 17 février 2003
Le temps d’une journée, le temps d’une marche, le temps d’un message. Exit l’Organisation des Nations Unies. Si la guerre n'a pas lieu, ce ne sera pas grâce aux hommes cravatés. Les groupes de gauche ont sauvé l'honneur d'une civilisation qui a oublié qu'elle peut prendre les commandes de son destin. Si seulement cet oubli était inconscient...
Heureusement, Internet a une fois de plus démontré qu'il est le média de masse par excellence du troisième millénaire. Sans le célèbre réseau, oubliez l’événement planétaire du 15 février. Car on parle bien d’un événement qui s’est déroulé à l’échelle de la planète. Imaginez si on avait installé des écrans géants à Washington pour projeter les regroupements observés dans chacune des grandes villes à travers le monde. Une sorte de manifestation virtuelle devant la Maison Blanche. Une idée que je lance comme ça.
Mais revenons à l’événement. Un événement dont Internet a véritablement servi de catalyseur. La formule est pourtant simple. Des sites comme protest.net ou indymedia.org permettent aux internautes de s’informer des actions à venir. L'appel est repris à l’échelle locale par différents groupes alternatifs ou sociaux qui créent des sites de ralliement. Le courriel et le bouche à oreille font la suite. Seulement à Montréal, plus de 150 000 personnes ont bravé le froid pour exprimer leur désaccord avec ce qu’on pourrait maintenant qualifier de « doctrine Bush ». Je préfère pour ma part la désignation « doctrine Rumsfeld » mais ça ferait trop plaisir à l’égo du personnage.
Il serait étonnant de voir où en seraient les mouvements d’opposition à la guerre en Irak si Internet n’existait pas. Le réseau permet aux populations du monde entier de sortir, l’espace d’un instant, des canaux officiels de diffusion de l’information. Les américains ont d’ailleurs découvert, à leur grande stupeur, qu’il y a une vie après CNN. Le réseau se retrouve d’ailleurs dans une drôle de position, lui qui a construit sa réputation en couvrant une guerre contre… l’Irak.
En permettant aux citoyens de lire des opinions et des analyses variées sur le sujet et en permettant à des groupes de s’organiser, de se donner des lieux d’échanges, Internet est devenu le véhicule par excellence de la démocratie. Pas étonnant d’ailleurs que la Chine s’en méfie comme la peste. Mais parions qu’aux Etats-Unis aussi on commence à en avoir marre de ce lieu qui échappe à tout contrôle même des meilleurs spin-doctors. Une formidable armée de 0 et de 1 est-elle sur le point de naître ?
Malheureusement, le cyberespace ne peut cependant rien contre la force d’inertie qui habite la majorité de la population face aux manifestations et aux soulèvements populaires. Mais on doit se réjouir de voir que les citoyens disposent désormais d’un média capable de concurrencer les meilleures campagnes de relations publiques. Les Weber-Shandwick et les Edelman de ce monde n’ont qu’à bien se tenir. Reste à voir de quel côté se logeront les stratèges…
Publié par henri
à 2003-02-17 20:36:25
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| International
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