Jeudi 30 janvier 2003
Dire que la performance d'Adrien Brody dans Le Pianiste m'avait impressionné, je n'avais encore rien vu. Avec sa performance dans le discours sur l'état de l'union, Georges W. Bush emporte haut la main l'Oscar du meilleur acteur. En prime, lui et son équipe se méritent la palme dans les catégories « Meilleur scénario adapté pour la télévision », « Meilleurs costumes », « Meilleurs effets spéciaux » et « Meilleur montage ». Ils ont malheureusement échappé celui de « Meilleur costume » malgré un discours cousu de fils blancs.
N'empêche que la première chose à observer lors de cette soirée du discours sur l'état de l'union, c'était les cravates. Dans le domaine des communications, un soin fou est accordé à l'image projeté par les hommes d'État. Et ce n'est pas par hasard que M. Bush portait une cravate bleue pâle et que Donal Rumsfeld en portait une rouge. Toute la rhétorique du discours de Bush s'articulait autour du message suivant : « Voilà un président qui souhaite la paix sur terre mais qui n'a d'autre choix que de faire la guerre à un chef d'État qui menace cette paix ». De là l'importance d'une cravate aux couleurs de paix.
Un cravate qui contrastait avec celle de Rumsfeld d'un rouge sang (frais versé) sans équivoque. Powell, sans surprise, arborait une cravate bleue lui aussi. Pas étonnant qu'on l'ait placé aux côtés de Donald. Avec sa fougue incontrôlée et hystérique, le secrétaire à la défense ne cesse de faire ressortir les motivations profondes des États-Unis. Heureusement qu'il n'avait pas de micro ce soir-là.
Mais parlons plutôt du discours. Un discours bien structuré. Ponctué de phrases chocs et de mots clés. Mais un discours qui est allé beaucoup trop loin. La diplomatie internationale est une question de finesse et de subtilité. Il y en avait si peu dans ce discours. Malgré tout, les médias au Québec n'ont pas selon moi retenu les bonnes phrases. Des phrases lourdes de conséquences comme « Yet the course of this nation doe not depend on the decisions of others » qui campe une fois de plus la politique étrangère américaine basée sur l'unilatéralisme.
Et que dire de la fin de ce discours où l'on tentait de démontrer les liens entre Saddam Hussein et Al-Quaida. Un peu plus et M. Bush disait : « In fact, Saddam Hussein is Oussamma Ben Laden ». Mais bon, on aura la voiture à hydrogène, des médicaments contre le sida pour les africains, des vaccins contre l'anthrax en pharmacie et les riches n'auront plus à payer de taxes sur les dividendes. En boni, une loi contre le clonage humain et de la bouffe et des médicaments parachutés sur les Irakiens pour nous apaiser la conscience pendant qu'ils seront bombardés. Il ne restera plus qu'à sortir la dinde car l'union fait la farce.
Publié par henri
à 2003-01-30 18:22:16
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