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Publi le lundi 17 février 2003
Lundi 17 février 2003
Le temps d’une journée, le temps d’une marche, le temps d’un message. Exit l’Organisation des Nations Unies. Si la guerre n'a pas lieu, ce ne sera pas grâce aux hommes cravatés. Les groupes de gauche ont sauvé l'honneur d'une civilisation qui a oublié qu'elle peut prendre les commandes de son destin. Si seulement cet oubli était inconscient...
Heureusement, Internet a une fois de plus démontré qu'il est le média de masse par excellence du troisième millénaire. Sans le célèbre réseau, oubliez l’événement planétaire du 15 février. Car on parle bien d’un événement qui s’est déroulé à l’échelle de la planète. Imaginez si on avait installé des écrans géants à Washington pour projeter les regroupements observés dans chacune des grandes villes à travers le monde. Une sorte de manifestation virtuelle devant la Maison Blanche. Une idée que je lance comme ça.
Mais revenons à l’événement. Un événement dont Internet a véritablement servi de catalyseur. La formule est pourtant simple. Des sites comme protest.net ou indymedia.org permettent aux internautes de s’informer des actions à venir. L'appel est repris à l’échelle locale par différents groupes alternatifs ou sociaux qui créent des sites de ralliement. Le courriel et le bouche à oreille font la suite. Seulement à Montréal, plus de 150 000 personnes ont bravé le froid pour exprimer leur désaccord avec ce qu’on pourrait maintenant qualifier de « doctrine Bush ». Je préfère pour ma part la désignation « doctrine Rumsfeld » mais ça ferait trop plaisir à l’égo du personnage.
Il serait étonnant de voir où en seraient les mouvements d’opposition à la guerre en Irak si Internet n’existait pas. Le réseau permet aux populations du monde entier de sortir, l’espace d’un instant, des canaux officiels de diffusion de l’information. Les américains ont d’ailleurs découvert, à leur grande stupeur, qu’il y a une vie après CNN. Le réseau se retrouve d’ailleurs dans une drôle de position, lui qui a construit sa réputation en couvrant une guerre contre… l’Irak.
En permettant aux citoyens de lire des opinions et des analyses variées sur le sujet et en permettant à des groupes de s’organiser, de se donner des lieux d’échanges, Internet est devenu le véhicule par excellence de la démocratie. Pas étonnant d’ailleurs que la Chine s’en méfie comme la peste. Mais parions qu’aux Etats-Unis aussi on commence à en avoir marre de ce lieu qui échappe à tout contrôle même des meilleurs spin-doctors. Une formidable armée de 0 et de 1 est-elle sur le point de naître ?
Malheureusement, le cyberespace ne peut cependant rien contre la force d’inertie qui habite la majorité de la population face aux manifestations et aux soulèvements populaires. Mais on doit se réjouir de voir que les citoyens disposent désormais d’un média capable de concurrencer les meilleures campagnes de relations publiques. Les Weber-Shandwick et les Edelman de ce monde n’ont qu’à bien se tenir. Reste à voir de quel côté se logeront les stratèges…
Publié par henri
à 2003-02-17 20:36:25
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