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Publié le jeudi 20 février 2003
Jeudi 20 février 2003
Le paradoxe de la culture québécoise se résume bien dans cette consécration bien méritée pour Linda Lemay en France. Oui son talent est reconnu au Québec mais on ne se bouscule pas pour assister à ses spectacles comme on le fait pour Lise Dion. La culture populaire québécoise tend hélas vers la facilité et le prêt à mâcher. On n’a longtemps pensé que la langue française – celle qui soi-disant nous distingue – nous empêcherait de sombrer face à l’impérialisme culturel américain, il n’en est rien.
Si nous n’avons toujours pas épousé la langue de Shakespeare, il n’en demeure pas moins que nous avons adopté tout de la forme et de la structure de la culture américaine. Notre industrie du show-business se gargarise de succès de foule comme Les Boys et Elvis Story mais délaisse, en parallèle, tout un univers de création où nous avons longtemps excellé. La culture fast-food risque cependant de nous laisser orphelins. Et ce n’est pas le renouveau annoncé de Radio-Canada qui y changera quelque chose.
Théâtres et musées sont devenus d’obscurs lieux fréquentés par ce qu’on qualifie, à mon grand malheur, d’élite intellectuelle. Il y a heureusement encore quelques professeurs de cégeps pour y traîner des groupes d’étudiants sans quoi la moitié d’entre-eux seraient certainement contraints de fermer leurs portes. Triste constat que celui d’avoir une culture subventionnée. Encore plus dur quand ce même milieu se contente d’exiger de l’être davantage…
Pour être appréciée à sa juste valeur, Linda Lemay a dû traverser l’Atlantique en direction de la Vieille Europe. Elle a pourtant tout d’une Québécoise, en commençant par le prénom, le préféré de ceux qu’elle appelle les colons… Mais lorsque moins de 30 personnes se déplacent pour assister à un spectacle du neveu de Jacques Brel dans une métropole comme Montréal, on n’a pas à se demander longtemps pourquoi Linda est là-bas. Navrant de constater que l’héritage de Jacques Brel intéresse moins les Québécois que celui d’Elvis ou de Frank Sinatara.
Il est vrai que je puisse paraître quelque peu pessimiste mais ma visite au dernier Salon du livre de Montréal a eu tôt-fait de me faire voir nos préférences culturelles. Car il n’y avait pas foule pour causer avec Michel Tremblay ou avec Marie Laberge. Les caméras étaient plutôt braquées sur Nelly Arcand et, la plus longue file observée, c’était celle pour le commandant Piché. Quoique je n’avais pas vu, à ce moment, le sens caché du titre de son ouvrage : Aux commandes du destin…
Publié par henri
à 2003-02-20 21:35:02
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3 Commentaires :
Commentaire écrit le vendredi 13 février 2004 à 14:14:59 (lien) louis Avant de critiquer les Québécois, commencez donc par écrire décemment! D'abord, avant un mais, on met une virgule - c'est la règle. Ensuite, quelques exemples navrants: "On n'a longtemps pensé" - on a longtemps pensé, bordel (jamais Brel n'aurais fait une telle faute). "Il est vrai que je puisse paraître" - non, franchement, avant de vouloir faire du grand style, faudrait peut-être revoir les règles de base en ce qui concerne le temps des verbes. Enfin, la chute de la culture est un phénomène mondial, et si les Français résistent un peu mieux - je suis moi-même français - c'est parce que nos ancêtres n'étaient pas tous des fermiers.
Commentaire écrit le vendredi 18 juillet 2003 à 20:37:03 (lien) Raynald Gagné - www.chez.com/cinemediafilm Renaud je t'invite à Québec. Cette belle vieille capitale qui attend que toi mon vieux ! Laisse-moi te voir sur scène avant de quitter cette terre, ce grain de puissière, ce caillou minable...
Commentaire écrit le vendredi 7 mars 2003 à 09:57:53 (lien) pierre samuel - p.samuel@sympatico.ca Bonjour,
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. S'il est parfois inquiétant de constater que les Québécois, comme beaucoup d'autres, préfèrent souvent le "coup d'oeil" au "contenu" (ex: Nelly Arcand et même Marie Laberge et ses "arlequinades de banlieues"), Lynda Lemay et ses "bleuettes en rimes" n'est tout de même pas Vigneault ou Desjardins...pas plus qu'il ne faudrait confondre l'oncle (Jacques) et le neveu (Bruno) chez les Brel! Qu'en pensez-vous?
Un passant,
Pierre Samuel
Montréal
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