|
Jeudi 20 mars 2003
Dictature : Concentration de tous les pouvoirs. Pouvoir absolu, suprême dans un domaine quelconque.
Le concert des nations vient de céder le pas à un solo où foisonnent les fausses notes. Les américains ont beau prétendre qu'ils ont l'appui de 35 états dans leur guerre contre l'Irak, jamais dans l'histoire moderne un pays dit civilisé n'aura osé défier autant les Nations Unies. À un point tel que c'est la crédibilité de l'organisation qui est aujourd'hui ébranlée tout comme l'équilibre du monde.
Tous s'entendent pour dire que le conflit qui s'amorce aura des conséquences majeures sur l'ensemble de la géopolitique mondiale. Et force est de constater que l'analyse de ces conséquences dans le pays de l'oncle Sam a été déclassée par des objectifs strictement opportunistes. Car la guerre en Irak n'est pas une guerre d'impérialisme ou expansionniste, elle est de l'ordre de l'asservissement stratégique.
Or, l'attitude américaine, maquillée sous d'importantes campagnes de communication, ne laisse plus beaucoup de doute à travers le monde quant aux réelles finalités de ce conflit. Et là réside le danger. La statue de la liberté se retrouve nue et personne n'ose aller la rhabiller. Elle a assisté sans broncher à la castration des États-Unis, deux fois plutôt qu'une. Il y avait là un signal que l'Amérique n'a pas su décoder. Aussi insensé puisse apparaître le terrorisme, il n'est pas un mouvement désintéressé.
Contrairement aux prétentions de Georges W. Bush, la diplomatie n'a pas échouée. Elle a été écartée par les américains et les britanniques, ce qui est fort différent. La question est maintenant de savoir combien de temps les États de la planète toléreront la domination d'une puissance qui jouit d'un pouvoir absolu sur les destinées de l'humanité. Et nul ne peut désormais prévoir d'où viendra la prochaine opposition. Il eut été préférable qu'on s'en tienne à celle diplomatique.
Publié par henri
à 2003-03-20 13:42:32
Permalien |
| International
Lundi 17 février 2003
Le temps d’une journée, le temps d’une marche, le temps d’un message. Exit l’Organisation des Nations Unies. Si la guerre n'a pas lieu, ce ne sera pas grâce aux hommes cravatés. Les groupes de gauche ont sauvé l'honneur d'une civilisation qui a oublié qu'elle peut prendre les commandes de son destin. Si seulement cet oubli était inconscient...
Heureusement, Internet a une fois de plus démontré qu'il est le média de masse par excellence du troisième millénaire. Sans le célèbre réseau, oubliez l’événement planétaire du 15 février. Car on parle bien d’un événement qui s’est déroulé à l’échelle de la planète. Imaginez si on avait installé des écrans géants à Washington pour projeter les regroupements observés dans chacune des grandes villes à travers le monde. Une sorte de manifestation virtuelle devant la Maison Blanche. Une idée que je lance comme ça.
Mais revenons à l’événement. Un événement dont Internet a véritablement servi de catalyseur. La formule est pourtant simple. Des sites comme protest.net ou indymedia.org permettent aux internautes de s’informer des actions à venir. L'appel est repris à l’échelle locale par différents groupes alternatifs ou sociaux qui créent des sites de ralliement. Le courriel et le bouche à oreille font la suite. Seulement à Montréal, plus de 150 000 personnes ont bravé le froid pour exprimer leur désaccord avec ce qu’on pourrait maintenant qualifier de « doctrine Bush ». Je préfère pour ma part la désignation « doctrine Rumsfeld » mais ça ferait trop plaisir à l’égo du personnage.
Il serait étonnant de voir où en seraient les mouvements d’opposition à la guerre en Irak si Internet n’existait pas. Le réseau permet aux populations du monde entier de sortir, l’espace d’un instant, des canaux officiels de diffusion de l’information. Les américains ont d’ailleurs découvert, à leur grande stupeur, qu’il y a une vie après CNN. Le réseau se retrouve d’ailleurs dans une drôle de position, lui qui a construit sa réputation en couvrant une guerre contre… l’Irak.
En permettant aux citoyens de lire des opinions et des analyses variées sur le sujet et en permettant à des groupes de s’organiser, de se donner des lieux d’échanges, Internet est devenu le véhicule par excellence de la démocratie. Pas étonnant d’ailleurs que la Chine s’en méfie comme la peste. Mais parions qu’aux Etats-Unis aussi on commence à en avoir marre de ce lieu qui échappe à tout contrôle même des meilleurs spin-doctors. Une formidable armée de 0 et de 1 est-elle sur le point de naître ?
Malheureusement, le cyberespace ne peut cependant rien contre la force d’inertie qui habite la majorité de la population face aux manifestations et aux soulèvements populaires. Mais on doit se réjouir de voir que les citoyens disposent désormais d’un média capable de concurrencer les meilleures campagnes de relations publiques. Les Weber-Shandwick et les Edelman de ce monde n’ont qu’à bien se tenir. Reste à voir de quel côté se logeront les stratèges…
Publié par henri
à 2003-02-17 20:36:25
Permalien |
| International
Dimanche 9 février 2003
Déjà qu’on doit se soucier de l’indice d’activité grippale, de l’indice de pollen, de l’indice UV et du courant-jet, voilà que nos amis américains s’amusent avec un supposé indice de risques d’activités terrorismes. Et comme par hasard, cet indice est relevé à orange (très grands risques) au moment même ou les États-Unis sont dans le dernier droit avant le début d’une guerre qui semble maintenant inévitable.
Les conséquences de cet indice sont grandes aux États-Unis. Les fouilles se font plus importantes, les événements publics sont sous haute surveillance, bref, tout est orchestré pour que les américains se sentent davantage menacés. Le pari de l’administration Bush est certainement d’augmenter l’insécurité dans la population afin d’aller chercher plus d’appuis pour sa guerre en Irak. Les prochains jours nous diront si ça fonctionne. Chose certaine, je me demande bien comment on désigne une activité qui consiste à terroriser une population en vue d’atteindre des objectifs militaires.
Quant au débat sur la tenue ou non d’une guerre, il a complètement été dévié. De sorte que la question est plutôt aujourd’hui de savoir si cette guerre se fera avec ou sans l’aval de l’ONU. L’institution se retrouve d’ailleurs en fâcheuse posture puisque c’est sa crédibilité même, son intégrité et son avenir qui risquent d’être compromis au terme de la présente crise. À moins de revirement spectaculaire, les Nation Unies n’auront d’autre choix que d’appuyer une nouvelle résolution américaine. Un doute d’ailleurs m’assaille l’esprit : les États-Unis ont-ils sérieusement pensés à attaquer l’Irak sans l’appui de l’ONU ou tout cela n’était-il que le fruit d’une fort habile machination stratégique et diplomatique ?
Chose certaine, les jours sont comptés et les manifestations du 15 février prochain seront certainement les dernières avant le début du conflit. La balle est dans le camp de l’opinion publique mais pas pour longtemps. Et il faudra plus qu’une dizaine de milliers de manifestants pour arrêter cette croisade du nouveau millénaire. Dommage que si peu de gens réalisent que l’histoire s’écrit aujourd’hui...
Publié par henri
à 2003-02-09 08:21:19
Permalien |
| International
Lundi 3 février 2003
Le hasard est parfois ironique. Des débris d'une navette transportant un astronaute Israélien qui tombent dans une ville américaine nommée… Palestine ! Une navette spatiale qui portait le nom de celui qui a découvert… l'Amérique !
Il faut croire que Dieu n'a pas entendu la dernière phrase du discours de Bush sur l'état de l'union. Alors que cette phrase tombait – May God continue to bless America – le président ne se doutait certainement pas de la tuile qui l'attendait. Car l'explosion de la navette Columbia est tout sauf une tragédie. Elle est un rappel au peuple américain que toute conquête à un prix. Et la conquête de l'espace n'échappe pas à cette règle.
Malheureusement, le caractère spectaculaire de l'événement en occulte toute la portée réelle. Une fois de plus en l'espace d'un peu moins de deux ans, les américains sont en deuil de concitoyens et de symboles. Mais cette fois-ci, il n'y a pas d'ennemi extérieur sur qui faire porter la faute. Toute conquête à un prix, voilà le dur constat. À regarder les américains réagir, on jurerait qu'ils ont oublié la notion de risque qui couve derrière une opération comme celle d'envoyer des humains dans l'espace.
Faut-il s'étonner que c'est seulement lorsque des corps sont revenus dans des sacs de plastique du Vietnam que l'opposition à la guerre s'est faite plus féroce en Amérique. La rhétorique américaine consiste à sécuriser la population sur tous les flans. Elle se résume à ceci : " Nous avons de bonnes et même d'excellentes raisons de poser les gestes que nous posons et les conséquences ne pourront qu'être positives pour notre nation. "
Or, toute conquête a un prix. Et conquérir l'Irak - même si Bush n'en fait pas une guerre de conquête mais une guerre préventive - aura des conséquences importantes non seulement sur l'avenir de la société américaine mais sur l'ensemble de la géopolitique mondiale. L'explosion de Columbia illustre une fois de plus l'état de profonde inconscience dans lequel baigne la société américaine. Une inconscience qui, bien qu'inquiétante, fait aujourd'hui la force de cette nation.
Publié par henri
à 2003-02-03 17:24:27
Permalien |
| International
Jeudi 30 janvier 2003
Dire que la performance d'Adrien Brody dans Le Pianiste m'avait impressionné, je n'avais encore rien vu. Avec sa performance dans le discours sur l'état de l'union, Georges W. Bush emporte haut la main l'Oscar du meilleur acteur. En prime, lui et son équipe se méritent la palme dans les catégories « Meilleur scénario adapté pour la télévision », « Meilleurs costumes », « Meilleurs effets spéciaux » et « Meilleur montage ». Ils ont malheureusement échappé celui de « Meilleur costume » malgré un discours cousu de fils blancs.
N'empêche que la première chose à observer lors de cette soirée du discours sur l'état de l'union, c'était les cravates. Dans le domaine des communications, un soin fou est accordé à l'image projeté par les hommes d'État. Et ce n'est pas par hasard que M. Bush portait une cravate bleue pâle et que Donal Rumsfeld en portait une rouge. Toute la rhétorique du discours de Bush s'articulait autour du message suivant : « Voilà un président qui souhaite la paix sur terre mais qui n'a d'autre choix que de faire la guerre à un chef d'État qui menace cette paix ». De là l'importance d'une cravate aux couleurs de paix.
Un cravate qui contrastait avec celle de Rumsfeld d'un rouge sang (frais versé) sans équivoque. Powell, sans surprise, arborait une cravate bleue lui aussi. Pas étonnant qu'on l'ait placé aux côtés de Donald. Avec sa fougue incontrôlée et hystérique, le secrétaire à la défense ne cesse de faire ressortir les motivations profondes des États-Unis. Heureusement qu'il n'avait pas de micro ce soir-là.
Mais parlons plutôt du discours. Un discours bien structuré. Ponctué de phrases chocs et de mots clés. Mais un discours qui est allé beaucoup trop loin. La diplomatie internationale est une question de finesse et de subtilité. Il y en avait si peu dans ce discours. Malgré tout, les médias au Québec n'ont pas selon moi retenu les bonnes phrases. Des phrases lourdes de conséquences comme « Yet the course of this nation doe not depend on the decisions of others » qui campe une fois de plus la politique étrangère américaine basée sur l'unilatéralisme.
Et que dire de la fin de ce discours où l'on tentait de démontrer les liens entre Saddam Hussein et Al-Quaida. Un peu plus et M. Bush disait : « In fact, Saddam Hussein is Oussamma Ben Laden ». Mais bon, on aura la voiture à hydrogène, des médicaments contre le sida pour les africains, des vaccins contre l'anthrax en pharmacie et les riches n'auront plus à payer de taxes sur les dividendes. En boni, une loi contre le clonage humain et de la bouffe et des médicaments parachutés sur les Irakiens pour nous apaiser la conscience pendant qu'ils seront bombardés. Il ne restera plus qu'à sortir la dinde car l'union fait la farce.
Publié par henri
à 2003-01-30 18:22:16
Permalien |
| International
Articles 1 à 5 sur 6
Pages: 1 | 2 |
|
|
|